JB@ubats4x4
Note : nous avons parcourue la Ruta del Cid en 2 fois en commençant par la seconde partie Calatayud-Valence au printemps 2006 et en terminant par la première partie Burgos Calatayud à l'été 2008.
 
Chers amis lecteurs, si vous avez eu la patience de nous suivre jusque là, vous pouvez vous dire : et alors ?
 
Alors en synthèse : pour cette seconde partie, 850 km dont environ 600 km de pistes globalement faciles, mais surtout une diversité de paysages extraordinaire, une nature non pas sauvage mais façonnée par l'homme sans être abîmée, et puis aussi  le soleil, les senteurs du maquis et de la forêt, le témoignage d'une ancienne vie pastorale et agricole très forte, une vision de l'Espagne totalement aux antipodes des clichés de vacances.
La huitième et dernière étape de ce périple commence encore par une longue montée en foret vers la sierra de Los Monegros. Bientôt, la foret va s'éclaircir au profit de la lande et du maquis. Le paysage est de plus en plus méditerranéen. Les fermes abandonnées sont toutefois le lieu de regroupement des troupeaux qui passent l'année dehors. Nous traversons plusieurs zones où, à grands coups de pelleteuse, des ouvriers retournent le sol pour en extraire des pierre plates destinées à faire des parements de façade. Depuis les hauteurs de la sierra de Nogueruelas, nous allons redescendre vers le fond du vallon en suivant un chemin en balcon fort joli mais pentu, cependant très carrossable malgré les pierres qui roulent.
Halte déjeuner à l'ombre d'un amandier centenaire, tout en observant sur une ligne de crête au loin, un champ d'éoliennes en construction. Notre piste croise une route avant de remonter vers les éoliennes mais le chemin est interdit pour cause de travaux. Il est vrai que vu la taille du camion arrêté à Zorita avec la base du pylône sur sa remorque, inutile de forcer le destin. Nous zappons cette sierra par un long détour routier qui va nous ramener de l'autre coté de la crête.
 
Moins de forets et plus de collines dénudées. Notre circuit va dessiner de grandes courbes dans les sierras avant de revenir vers la route d'où nous nous échappons pour rejoindre l'ermitage de la Virgen de Estrella. Quel beau pèlerinage pour rejoindre un petit hameau avec une belle église et sa vierge à l'étoile au fronton. Un couple habite encore une des maisons du hameau et ils reçoivent un vieil ami arrivé ici sur son increvable Santana. Conversation difficile mais sympathique accueil. Nous aurons quelques regrets de ne point bivouaquer ici car la soirée aurait pu être riche mais nous aurions manqué une harde de biches en train de brouter tranquillement au bord de la piste . Nous voulons aller au terme de notre 3eme étape. Et nous irons car nous bivouaquerons encore une fois dans un camping fantome, rempli de caravanes et de mobil-homes inhabités, au pied des pistes de la station de ski de Valdelinares alors que la nuit tombe doucement sur les sierras. Ce fut notre plus longue journée.

La septième journée va nous montrer un paysage totalement différent : nous sautons de sierras en sierras. Nous passons par des régions qui semblent totalement inhabitées, le téléphone ne passe pratiquement jamais, les rares villages traversés paraissent morts. Les champs ont été cultivés et entretenus, l'olivier est de plus en plus présent avec l'amandier, mais ce qui frappe le plus ce sont les terrasses, des terrasses partout.

Le début commence par la traversée de deux jolis gués avant une longue montée dans un barranco par une route forestière magnifique. Long passage en crête puis redescente. Puis, nous passons le Puerte de Torremino, un col à 1250m. Un peu plus loin, il nous faut ouvrir une clôture  pour pénétrer sur un petit chemin rocailleux. Ce sera le partie la plus rude de notre circuit : un chemin plutôt mal pavé qui suit la ligne de crête, mais quel paysage ! quelques clôtures plus loin, nous retrouvons Zorita del Maeztrazgo avant de repartir à travers la Sierra. 

Nous rentrons dans le village puis arrivons sur la place centrale, il n'y a plus aucune issue évidente. Nous interrogeons un papy qui traînait sur la place, sans résultat. Arrivent les enfants de l'école et leur maîtresse qui heureusement parle un peu de français. Le papy commence par se faire houspiller par la maîtresse et les mères de famille qui ramènent les marmots à l'école. Il repart le regard noir. Nous découvrons la clef du mystère : derrière le mur du petit fronton de la place, une rue étroite. Il faut replier les rétros mais ça passe (vu l'état des murs, ça ne passe pas pour tout le monde !). Nous rejoignons rapidement la "grande" route. Descente en suivant un rio puis remontée sur le plateau. Nous abordons le Desierto de Calanda, un immense plateau battu par le vent. La piste passe non loin de la centrale thermique avec son immense cheminée. Le désert n'est pas réellement désert mais le paysage est desséché : en été, ne pas oublier les bouteilles d'eau.  Là aussi la ressemblance avec certains paysages du Maroc est frappante. D'autant plus que le berger qui surveille plus de trois cent brebis, est à l'évidence de là-bas. Un cheval caracole d'un troupeau à un autre.
Nous arrivons à Alcañiz que nous traversons rapidement avant de mettre le cap au sud pour la dernière partie. Ce ne sont plus que des pistes faciles et le carnet de route est explicite. Nous arrivons de bonne heure à Mas de la Mata. Déjà le paysage a changé. Cela sent le sud et la Méditerranée et nous allons quitter la région des plateaux pour repartir dans les sierras.
Pour l'heure, nous cherchons un camping  juste pour la douche de demain. Nous faisons un détour inutile jusqu'à Castellote pour revenir sur nos pas, envisageant un bivouac en pleine nature, ce qui n'est pas vraiment pour nous déplaire. Nous découvrons à l'entrée de Mas de la Mata, un petit camping d'une dizaine d'emplacements que son propriétaire est en train de préparer pour la saison. Rapide tractation et nous aurons notre douche chaude demain : bivouac grand luxe ! Avec l'heure d'été et ses longues soirées, nous avons le temps de faire une grande marche dans les vergers, autour du rio Guadalope qui longe le camping.

C'est une région d'élevage et aussi d'apiculture. Le romarin abonde, il est en fleur et les ruches sont très nombreuses. En continuant un peu plus, nous descendons vers le monastére des Olivar dans des senteurs exaltées par le soleil. Les moines sont les apiculteurs de la région. Nous continuons ensuite par une piste étroite pour déboucher dans une mine à ciel ouvert au milieu des camions géants qui manoeuvrent. Ils ne semblent pas surpris par le moucheron Toy qui cherche une porte de sortie dans le terrain complètement bouleversé. Nous trouvons enfin le sentier qui nous permet de rejoindre le village de Crivillen, probablement ouvert par les mineurs eux-mêmes.

La sixieme étape commence par une longue, très longue montée en forêt sur un chemin en bon état où par moment nous pouvons découvrir, d'un seul coup d'oeil, les plateaux où nous étions hier.  En fait, nous sommes en route vers un autre plateau. La géographie du pays ressemble à celle des gorges du Tarn, il s'agit du Rio Martin, trait d'union entre les villages du fond. Pour l'instant, la piste flirte avec les courbes de niveau pour s'élever encore en évitant les barrancos et les arroyos (ravins et torrents). Aussi loin que porte la vue, il y a de petits hameaux, tous en ruine.

a cinquième étape, d'environ 200 km, va nous conduire de Calatayud à Montalban. Le circuit débute aux portes de la ville en empruntant des pistes agricoles au milieu des vergers en fleurs. C'est un élément dont nous n'avions pas tenu compte mais qui va rendre le voyage on ne peut plus agréable.
Nous sommes en fond de vallée et nous nous adaptons au road-book de Jacquot d'Ibérie, toujours un peu sommaire mais suffisant pour trouver notre voie dans un entrelacs de pistes  tantôt roulantes, parfois un peu plus rudes et quelquefois en cul de sac dans un verger ou un champ. Cependant en jouant du Road-book et du GPS, ma navigatrice fait merveille pour nous faire progresser au milieu d'une nature encore peu marquée par une agriculture industrielle.
Et puis soudain, nous quittons la vallée du rio Jiloca pour partir à l'assaut de la sierra. La piste étroite et en mauvais état au début, va s'améliorer pour nous conduire sur les hauteurs de la Sierra de Atéa où nous déjeunerons à l'abri de la voiture car le vent reste très frais malgré un ciel lumineux. 

Après avoir traversé une autre sierra, la sierra de Santa Cruz, nous revenons vers Daroca en suivant l'Arroyo de Vallorio, petit affluent du rio Jiloca. Courte liaison routière pour ensuite prendre la direction de la lagune de Gallocanta en grimpant vers les hauteurs de la Atalaya. Nous ne verrons pas cependant la Lagune pour laquelle nous nous promettons de revenir très spécialement. Redescente vers Calamocha, non sans avoir du changer une roue dont le pneu s'est déchiré sur un silex. La piste qui suit, serpente entre les parcelles agricoles. Elle a été en partie goudronnée et à Fuente Clara nous en perdons quelques peu le fil du road-book, l'espace d'un segment d'itinéraire. Après Caminreal, nouvelle petite portion routière pour repartir à l'attaque vers les collines. Et jusqu'à la fin de la journée, nous allons sauter de collines en collines, passer de la foret aux plateaux cultivés pour aller de villages en villages. Le dernier plateau redescend vers Montalban enfoncé entre les sierras que l'on pourrait confondre avec n'importe quel village de l'Atlas s'il n'y avait pas sa majestueuse basilique. Il est temps de trouver un camping. Celui que l'on nous indique, n'ouvrira que dans quelques semaines. Il est cependant bien abrité du vent et se révèle idéal pour un bivouac.

De Calatayud à Valence

La grande traversée des Sierras (Ruta del Cid 2nde partie)

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Le même scénario va d'ailleurs se répéter au moins une fois pour le plaisir des yeux. Et encore pour le plaisir des yeux, la piste domine un barranco grandiose avant d'arriver au village d'El Molinar investi par des néo-ruraux. Après le déjeuner (toujours dans un cadre grandiose), le circuit est une succession de pistes faciles, sinon la navigation car entre les villages d'El Toro et Teresa, la piste est en pleine réfection, le goudron devant suivre sous peu. Ce qui fait que nous avons un peu de mal à raccorder les indications du carnet de route à la réalité du terrain. Des difficultés aussi pour trouver une route devant nous conduire à la conclusion de ce magnifique circuit. La conclusion : une très belle piste en foret qui finit dans les champs, les oliviers et les amandiers. Ça y est : nous sommes sur la façade méditerranéenne. Nous touchons le goudron un peu après 16h et nous sommes à 60 km de Valence.

Cette "grande traversée" a été réalisée au printemps 2006 - Nous l'avons réalisée en solo mais l'idéal est le duo, ne serait-ce qu'en cas de problèmes mécaniques...... et puis c'est plus sympa car on peut partager la vision personnelle de l'environnement de chaque équipe. Le circuit est découpé en 4 étapes assez longues mais si l'on veut profiter au mieux des richesses architecturales, des paysages et de la gastronomie locale, il faut compter jusqu'à 6 à 7 jours.

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dernière mise à jour :24-mai-2015                                                                                                                                                                                          Photos : G.&JB